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PimEyes : savoir si ton visage y figure et le faire retirer

Par La rédaction MagikmobilePublié le
Qu’est ce que PimEyes : analyse complète du moteur de recherche facial controversé

Une seule photo de ton visage suffit à PimEyes pour remonter vers d’autres images de toi publiées sur le web. Le service est ouvert à n’importe qui, et une autorité allemande de protection des données a conclu qu’il traitait ces données de façon illégale.

Tu ne peux pas empêcher quelqu’un d’utiliser l’outil. Par contre, tu peux vérifier ce qu’il a sur toi et demander le retrait. Et si quelqu’un s’en sert pour te nuire, tu as des recours.

PimEyes, c’est quoi exactement ?

C’est un moteur de recherche qui fonctionne à l’envers. Au lieu de taper un nom, tu envoies un visage. L’outil calcule une empreinte faciale et cherche des visages qui ressemblent dans les images publiques qu’il a indexées.

La formule gratuite donne 10 recherches par jour, avec des résultats limités. Les abonnements Open Plus, PROtect et Advanced débloquent les images sans flou, des alertes et des demandes de retrait automatisées. Quand j’ai lu la page des offres le 25 octobre 2026, aucun prix n’y était affiché.

Qui est derrière ? Pas simple à dire. D’après l’association autrichienne noyb, la société s’est déclarée successivement en Pologne, aux Seychelles, au Belize, et elle semble aujourd’hui installée à Dubaï, avec un dirigeant géorgien.

Officiellement, PimEyes dit que tu peux chercher ton propre visage. Fin 2023, son dirigeant a aussi annoncé au New York Times le blocage des recherches de visages d’enfants et plus de 200 comptes bannis, comme le rapportait Malwarebytes. Mais rien n’empêche techniquement de charger la photo de quelqu’un d’autre. Tout le problème est là.

Pourquoi PimEyes pose problème au regard du RGPD ?

Une empreinte faciale qui sert à reconnaître quelqu’un, c’est une donnée biométrique. Le RGPD la classe dans les catégories particulières de son article 9, dont le traitement est interdit sauf exceptions précises, comme ton consentement explicite. Et personne ne t’a demandé ton avis avant d’indexer ta photo de mariage.

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Le dossier de Hambourg, cinq ans de procédure

Le dossier le plus avancé est allemand. En juillet 2020, une personne porte plainte auprès de l’autorité de protection des données de Hambourg parce que PimEyes ne répond pas à sa demande d’accès et d’effacement.

Plus de cinq ans plus tard, fin 2025, l’autorité juge que PimEyes aurait dû répondre et que ses pratiques sont illégales. Mais elle s’arrête à une simple lettre d’information, au motif que la société semble installée à Dubaï et ne répond pas. Le 30 avril 2026, noyb a attaqué l’autorité en justice pour l’obliger à agir. L’affaire est toujours en cours.

Au Royaume-Uni, l’ONG Big Brother Watch avait déjà saisi l’ICO, le régulateur britannique, en 2022, en accusant le service de faciliter le harcèlement.

Et la CNIL dans tout ça ?

Je n’ai trouvé aucune décision publique de la CNIL visant PimEyes au 25 octobre 2026. Mais elle a déjà tranché un cas voisin. En octobre 2022, elle a infligé 20 millions d’euros d’amende à Clearview AI, autre société de reconnaissance faciale, avec l’ordre de supprimer les données des personnes en France et une astreinte de 100 000 € par jour de retard. Ça donne une idée assez nette de sa lecture du sujet.

Comment savoir si tes photos sont dans PimEyes ?

Le seul moyen direct, c’est de lancer une recherche gratuite avec une photo de toi. En version gratuite, tu vois des vignettes souvent floutées, mais pas forcément les sites d’où elles viennent.

Garde deux choses en tête. D’abord, PimEyes écrit lui-même qu’il ne garantit pas de trouver toutes tes images. Ensuite, tu lui confies une photo de plus. Pour moi, l’abonnement payant ne vaut pas le coup juste pour vérifier, la recherche gratuite et l’opt-out suffisent pour la plupart des gens.

Tu peux aussi prendre le problème par l’autre bout : faire le tour de tes comptes publics, de tes anciens profils et des photos où tu es identifié. Moins il y a d’images de toi en accès libre, moins un moteur comme celui-là a de matière.

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Demander le retrait : la procédure opt-out officielle

Le formulaire se trouve sur le site de PimEyes, dans la rubrique Opt-Out. Passe uniquement par le site officiel, jamais par un formulaire relayé ailleurs. Il se fait en trois étapes :

  1. Tu envoies une photo nette de ton visage. PimEyes conseille d’en mettre plusieurs, sous différents angles. Il faut avoir plus de 18 ans.
  2. Tu ajoutes une copie anonymisée de ta carte d’identité ou de ton passeport, en suivant leurs consignes pour masquer les données.
  3. Tu donnes une adresse e-mail pour recevoir la confirmation, puis le résultat.

Le 25 octobre 2026, la page n’indiquait ni délai de traitement ni prix. PimEyes y précise que ta photo ne sert qu’à traiter la demande et qu’elle n’apparaîtra pas dans les résultats.

Pour l’e-mail, une adresse dédiée à ce genre de démarche évite de mêler ta boîte principale à un service dont tu te méfies. Notre guide pour créer une adresse mail sécurisée t’aide à en ouvrir une en quelques minutes.

Ce que l’opt-out ne fait pas

Il retire tes images des résultats de PimEyes. Il ne supprime pas la photo du site où elle est publiée. Pour ça, écris au responsable du site en invoquant ton droit à l’effacement : indique les adresses des pages, ce que tu veux voir retiré et pourquoi. La CNIL rappelle qu’on ne peut te réclamer une pièce d’identité qu’en cas de doute raisonnable sur qui tu es.

Sans réponse satisfaisante sous un mois, tu peux porter plainte en ligne auprès de la CNIL, avec la copie de tes démarches. Même logique pour tes traces chez Google, qu’on détaille dans l’article sur la façon de supprimer ton historique Google.

Conserve la date d’envoi et l’e-mail de confirmation. Un accusé de réception prouve l’envoi. Il ne prouve pas que le retrait est fait. Refais une recherche quelques semaines plus tard.

Quelqu’un utilise PimEyes contre toi : que faire ?

Un inconnu t’écrit en citant ton travail ou ton quartier après t’avoir croisé une fois ? Là, c’est ta sécurité qui est en jeu. Les réflexes conseillés par la CNIL :

  • Fais des captures d’écran avec la date, l’heure et le nom de l’auteur, avant que quoi que ce soit ne disparaisse.
  • Signale le compte à la plateforme concernée, puis bloque-le.
  • Appelle le 3018, numéro national pour les victimes de violences numériques, gratuit, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h, par téléphone, tchat ou appli. Il est d’abord pensé pour les jeunes.
  • En cas de danger immédiat, compose le 17 ou le 112.
  • Porte plainte au commissariat, à la gendarmerie, en ligne, ou écris directement au procureur de la République.
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Et parles-en à quelqu’un de confiance.

Si ce sont les photos de tes enfants qui t’inquiètent, la question se joue surtout en amont, sur ce qu’ils publient et ce que tu publies d’eux. On en parle dans notre dossier sur le contrôle parental.

Par quoi commencer, concrètement ?

Fais une recherche gratuite avec ton visage, note ce qui sort, puis envoie la demande d’opt-out le jour même. Ensuite, attaque les sites sources un par un, en commençant par ceux qui affichent ton nom à côté de ta photo. C’est long, mais chaque image retirée en est une de moins à relier à toi.

Questions fréquentes

PimEyes est-il légal en France ?

Aucune décision de la CNIL ne vise PimEyes à ce jour. Par contre, l’autorité de Hambourg a jugé fin 2025 que le service avait agi illégalement envers un plaignant, et la CNIL a sanctionné Clearview AI, un service comparable, de 20 millions d’euros en 2022.

L’opt-out PimEyes est-il gratuit ?

La page officielle du formulaire ne mentionne aucun prix lors de notre lecture du 25 octobre 2026. Elle demande une photo de ton visage, une copie anonymisée de ta pièce d’identité et une adresse e-mail.

Combien de temps prend le retrait de PimEyes ?

PimEyes n’affiche aucun délai sur la page du formulaire. Garde ton e-mail de confirmation et refais une recherche quelques semaines plus tard pour vérifier le résultat.

L’opt-out supprime-t-il mes photos d’internet ?

Non. Il retire tes images des résultats de PimEyes seulement. Pour faire disparaître une photo, il faut demander son effacement au site qui la publie, puis saisir la CNIL sans réponse satisfaisante sous un mois.

Sources : noyb, recours contre l’autorité de Hambourg dans le dossier PimEyes · CNIL, demander le retrait de votre image en ligne

La rédaction Magikmobile

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