Tu veux un serveur à toi pour héberger un bot, tester un site ou apprendre Linux, et tu ne veux pas payer. Bonne nouvelle, ça existe encore. Moins bonne nouvelle, les règles ont beaucoup bougé, et le « gratuit » des grands clouds cache des conditions qu’on découvre souvent trop tard.
J’ai relu les pages officielles d’Oracle, Google et AWS le 25 octobre 2026, puis les grilles de trois hébergeurs européens. Voilà ce qui reste vraiment gratuit.
Un VPS « toujours gratuit », ça existe encore ?
Oui, chez deux acteurs. AWS, lui, est passé à un autre modèle.
Oracle Cloud Always Free, le plus généreux
La documentation d’Oracle donne 1 500 heures d’OCPU et 9 000 Go-heures de mémoire par mois sur les machines Arm Ampere A1. Pour un compte Always Free, ça revient à 2 OCPU et 12 Go de RAM, à répartir sur une ou deux machines. Si tu as lu ailleurs « 4 cœurs et 24 Go », c’est une ancienne règle.
S’ajoutent deux petites machines AMD (1 Go de RAM, un huitième d’OCPU, 50 Mbit/s), 200 Go de stockage bloc au total et 10 To de trafic sortant par mois. Pour un projet perso, c’est énorme.
Google Cloud, une e2-micro aux États-Unis
Google offre une instance e2-micro par mois, mais seulement dans trois régions américaines : Oregon, Iowa et Caroline du Sud. Tu as 30 Go de disque standard et 1 Go de trafic sortant par mois depuis l’Amérique du Nord. Assez pour un petit bot ou un monitoring, trop juste pour un site visité depuis la France.
AWS, des crédits à la place du gratuit
Chez AWS, un nouveau compte reçoit 100 $ de crédits, plus jusqu’à 100 $ en réalisant certaines activités. Le plan gratuit s’arrête au bout de six mois ou quand les crédits sont épuisés. Ensuite, le compte se ferme, et AWS garde tes données 90 jours avant de tout supprimer, sauf si tu passes au plan payant.
C’est un essai long, pas un serveur gratuit à vie.
| Offre | Ce qui est gratuit | Durée | Moyen de paiement |
|---|---|---|---|
| Oracle Always Free | 2 OCPU Arm + 12 Go, 2 micro AMD, 200 Go, 10 To sortants | Sans limite de durée | Carte exigée (ni prépayée, ni virtuelle) |
| Google Cloud Free Tier | 1 e2-micro, 30 Go, 1 Go sortant, régions US | Sans limite de durée | Carte ou moyen de paiement exigé |
| AWS plan gratuit | 100 à 200 $ de crédits | 6 mois maximum | Non demandé à la plupart des nouveaux clients |
Les pièges qui transforment le gratuit en facture
Le premier, c’est la carte bancaire. Oracle et Google la demandent pour vérifier ton identité, et Oracle prévient qu’une autorisation temporaire peut apparaître sur ton compte. Chez Oracle, les ressources payantes ne se facturent qu’après passage en compte payant. Chez Google, l’e2-micro gratuite tourne sur un compte de facturation : ce qui dépasse est débité sur la carte.
Le deuxième, c’est le dépassement. Chez Google, une machine créée en Europe ou un trafic au-delà de 1 Go sort du gratuit et se paie au tarif normal. Chez Oracle, le piège est inverse. L’essai de 300 $ ne dure que 30 jours, et si tu as monté une machine Arm plus grosse que la limite gratuite pendant ce mois, elle est désactivée puis supprimée 30 jours plus tard, sauf passage en compte payant.
Le troisième surprend beaucoup de monde : Oracle peut récupérer une instance gratuite qu’il juge inactive. Sur sept jours, si le CPU, le réseau et (pour les machines Arm) la mémoire restent tous sous 20 % d’utilisation, la machine peut sauter. Un compte laissé 30 jours sans activité risque aussi la suspension.
Mon réflexe, chez tous : créer une alerte de budget à 1 € le jour même de l’inscription. Ça prend cinq minutes, et c’est ce qui t’évite la mauvaise surprise du mois suivant.
À quoi ça sert, un VPS gratuit, en pratique ?
Apprendre Linux et SSH, faire tourner un bot Discord ou Telegram, tester une appli avant de la mettre en ligne, héberger un petit outil perso. Pour tout ça, l’offre d’Oracle suffit largement.
Pour un site qui doit tenir, je serais plus prudent. Le gratuit dépend des règles du fournisseur, qui ont déjà changé chez Oracle comme chez AWS, et une instance récupérée ou un compte fermé, ça veut dire un site qui tombe. Et si ton projet, c’est juste de sécuriser ton téléphone sur le Wi-Fi d’un hôtel, monter ton propre VPN sur un serveur est faisable mais long. Un VPN prêt à l’emploi sur mobile te prendra deux minutes.
Les VPS low cost en euros, pour quelques euros par mois
Dès que ton projet compte, un petit VPS payant en Europe change la donne. Ton serveur est proche de tes visiteurs, et personne ne viendra le reprendre parce qu’il dort trop. Prix relevés sur les sites officiels le 25 octobre 2026.
| Hébergeur | Plus petite offre | Prix affiché | À savoir |
|---|---|---|---|
| IONOS | VPS S+ : 1 vCore, 2 Go, 60 Go NVMe | 2,40 € TTC par mois pendant 3 mois, prix normal affiché 5 € HT | 10 € de mise en service, trafic illimité |
| OVHcloud | VPS-1 : 2 vCores, 4 Go, 40 Go NVMe | À partir de 4,57 € TTC par mois | Prix lié à un paiement sur 12 mois selon le lien de commande |
| Hetzner | CX23 : 2 vCPU, 4 Go, 40 Go NVMe | 5,99 € HT par mois | Allemagne ou Finlande, affiché indisponible le 25/10 |
Méfie-toi de ces prix, ils ont bougé plusieurs fois en 2026. En mai, Digitiz notait déjà une hausse au 1er avril chez OVHcloud et Hetzner : le VPS-1 d’OVHcloud à 7,79 € par mois hors remise, le CX23 de Hetzner à 3,99 €. Ce même CX23 s’affiche aujourd’hui à 5,99 € HT. Et en août, selon MacG, OVHcloud a encore augmenté ses serveurs dédiés et son Public Cloud à cause de la flambée des composants. Relis la grille le jour où tu commandes.
Un conseil si tu branches un nom de domaine dessus : laisse le temps aux DNS de se propager. Si ton navigateur affiche une erreur DNS_PROBE_FINISHED_NXDOMAIN juste après, ce n’est pas forcément le serveur qui est en cause.
Gratuit ou low cost, comment choisir ?
Pour apprendre ou bricoler, ouvre un compte Oracle Always Free, pose ton alerte de budget et garde une sauvegarde de ce que tu y mets. Pour un site ou un service dont d’autres personnes dépendent, paie les quelques euros d’un VPS européen. Franchement, c’est le meilleur rapport tranquillité prix que tu trouveras.
Questions fréquentes sur les VPS gratuits
Quel est le meilleur VPS gratuit ?
Oracle Cloud Always Free reste le plus généreux : 2 OCPU Arm et 12 Go de RAM, deux petites machines AMD, 200 Go de stockage et 10 To de trafic sortant par mois, sans limite de durée.
Faut-il une carte bancaire pour un VPS gratuit ?
Oui chez Oracle et Google, qui la demandent pour vérifier ton identité. Oracle refuse les cartes prépayées et virtuelles. AWS indique ne pas demander de moyen de paiement à la plupart des nouveaux clients.
Le free tier AWS est-il encore gratuit 12 mois ?
Non pour un nouveau compte. AWS donne 100 $ de crédits, plus jusqu’à 100 $ en bonus, valables six mois au maximum. À la fin, le compte se ferme s’il ne passe pas au plan payant.
Peut-on héberger un site sur un VPS gratuit ?
Oui pour un site perso ou de test. Pour un site important, mieux vaut un VPS payant : le gratuit n’est pas garanti et Oracle peut récupérer une instance jugée inactive.
Sources : Oracle, ressources Always Free · AWS, plans gratuit et payant







